Comment Calculer le PGCD et le PPCM (Méthode et Exemples)
Le PGCD (plus grand commun diviseur) est le plus grand nombre qui divise exactement deux ou plusieurs entiers. Le PPCM (plus petit commun multiple) est le plus petit nombre que ces mêmes entiers divisent tous exactement. Les deux notions sont liées, mais elles répondent à des questions opposées : l’une cherche le plus grand facteur partagé, l’autre le plus petit rendez-vous commun.
Pourquoi ça sert concrètement
Le PPCM apparaît dès qu’il faut additionner des fractions à dénominateurs différents : c’est lui qui donne le plus petit dénominateur commun possible. Le PGCD, lui, sert à simplifier une fraction ou un rapport une fois le calcul fait. On retrouve les deux dans des situations très différentes du calcul de fractions : caler des tâches qui se répètent à intervalles réguliers, réduire un rapport d’engrenages à sa forme la plus simple, ou ramener une recette à ses proportions entières minimales. Derrière ces cas d’usage variés, c’est toujours la même paire d’outils qui travaille.
L’algorithme d’Euclide
Pour trouver le PGCD de deux entiers a et b (avec a > b), la méthode la plus rapide à la main est l’algorithme d’Euclide :
- Divisez a par b et notez le reste r.
- Remplacez a par b, et remplacez b par r.
- Répétez jusqu’à obtenir un reste de 0. La dernière valeur non nulle prise par b est le PGCD.
Prenons 12 et 18. On divise le plus grand par le plus petit, puis on répète avec le reste obtenu :
| Dividende | Diviseur | Quotient | Reste |
|---|---|---|---|
| 18 | 12 | 1 | 6 |
| 12 | 6 | 2 | 0 |
Le reste atteint 0 à la deuxième ligne, donc le PGCD de 12 et 18 est le dernier diviseur non nul : 6.
Une fois le PGCD connu, le PPCM se déduit directement, sans refaire de division longue : PPCM(a, b) = (a × b) / PGCD(a, b). Pour 12 et 18, cela donne (12 × 18) / 6 = 216 / 6 = 36.
Cette paire de résultats répond directement à un problème de fractions comme 1/12 + 1/18. Le dénominateur commun le plus petit possible est le PPCM des deux dénominateurs, donc 36. On convertit : 1/12 devient 3/36, et 1/18 devient 2/36. La somme est 3/36 + 2/36 = 5/36. Le PGCD, lui, ne sert pas ici à trouver le dénominateur : il sert à simplifier une fraction existante, comme 12/18, qui se réduit à 2/3 en divisant numérateur et dénominateur par leur PGCD, 6.
Une identité pratique, mais limitée à deux nombres
Pour deux entiers, le produit du PGCD et du PPCM est toujours égal au produit des deux nombres de départ :
PGCD(a, b) × PPCM(a, b) = a × b
Vérification avec 12 et 18 : 6 × 36 = 216, et 12 × 18 = 216. Les deux calculs tombent juste, ce qui confirme que le PGCD et le PPCM trouvés plus haut sont cohérents entre eux.
Cette identité est pratique pour vérifier un calcul, mais elle a une limite stricte qu’on oublie souvent : elle ne fonctionne que pour exactement deux nombres. Dès qu’on passe à trois entiers ou plus, PGCD(a, b, c) × PPCM(a, b, c) n’est en général pas égal à a × b × c. C’est une erreur fréquente, notamment chez ceux qui viennent de découvrir la formule à deux nombres et l’appliquent par réflexe à un troisième. Il n’y a pas de raccourci équivalent au-delà de deux valeurs : pour trois nombres ou plus, il faut calculer le PGCD ou le PPCM étape par étape, en combinant les nombres deux à la fois.
Calculer le PGCD ou le PPCM de trois nombres
Exemple de planning (PPCM). Trois tâches se répètent respectivement tous les 4 jours, tous les 6 jours et tous les 15 jours. Pour savoir dans combien de jours elles coïncideront toutes les trois à nouveau, il faut leur PPCM. On procède par étapes : d’abord PPCM(4, 6) = 12, puis PPCM(12, 15). Le PGCD de 12 et 15 est 3, donc PPCM(12, 15) = (12 × 15) / 3 = 60. Les trois tâches retombent ensemble tous les 60 jours.
Exemple de simplification (PGCD). Pour ramener un rapport ou une recette à ses plus petites proportions entières, on cherche cette fois le PGCD. Prenons 36, 60 et 84. PGCD(36, 60) = 12, puis PGCD(12, 84) = 12. Le PGCD des trois nombres est donc 12, ce qui permet de diviser chaque quantité par 12 pour obtenir le rapport le plus simple possible entre les trois.
Dans les deux cas, la logique est la même : on combine les nombres deux par deux, en réutilisant à chaque étape le résultat de la paire précédente.
La factorisation en nombres premiers, une autre méthode
L’algorithme d’Euclide est le plus rapide pour deux nombres, mais la factorisation en nombres premiers donne une bonne vérification, et elle devient pratique dès qu’il y a plus de deux nombres à traiter d’un coup.
12 se décompose en 2² × 3, et 18 se décompose en 2 × 3².
Pour le PGCD, on prend la puissance la plus basse de chaque facteur premier commun aux deux nombres : 2¹ × 3¹ = 6.
Pour le PPCM, on prend la puissance la plus haute de chaque facteur premier présent dans l’un ou l’autre nombre : 2² × 3² = 4 × 9 = 36.
Ces deux résultats correspondent exactement à ceux obtenus avec l’algorithme d’Euclide plus haut, PGCD 6 et PPCM 36, ce qui est une bonne façon de vérifier un calcul quand on a un doute.
Exemple concret : un rapport d’engrenages
Deux roues dentées s’engrènent, l’une avec 48 dents et l’autre avec 18 dents. Le PGCD de 48 et 18 est 6, ce qui permet de simplifier le rapport de dents à sa forme la plus réduite : 48/6 : 18/6, soit 8:3.
Le PPCM de 48 et 18 est 144. C’est le nombre de dents qui doivent défiler avant que les deux roues reviennent exactement à leur position de départ en même temps. La roue de 48 dents doit donc effectuer 144 / 48 = 3 tours complets, pendant que la roue de 18 dents en effectue 144 / 18 = 8, pour que les deux roues se retrouvent alignées comme au départ.
Calculez avec vos propres nombres
Séparez les valeurs par des virgules, des espaces ou des retours à la ligne. Les décimales sont ignorées.
Saisissez au moins deux entiers pour voir le PGCD et le PPCM.
- Nombres
- —
- Premiers entre eux
- —
Factorisation en nombres premiers
Algorithme d'Euclide
Erreurs fréquentes
- Confondre PGCD et PPCM. Le PGCD est toujours plus petit ou égal aux nombres de départ, le PPCM est toujours plus grand ou égal à eux. Si un résultat va dans le mauvais sens, c’est le signe d’une inversion.
- Appliquer PGCD × PPCM = a × b à trois nombres ou plus. Cette identité ne vaut que pour exactement deux entiers, comme expliqué plus haut. Au-delà, il faut calculer étape par étape.
- Oublier la convention pour zéro. Le PPCM d’un nombre et de 0 vaut 0 par convention, puisque rien n’est multiple commun de 0 et d’un entier positif. Le PGCD, lui, se comporte normalement : le PGCD de 0 et d’un nombre est ce nombre.
- Utiliser le PPCM là où il fallait le PGCD, ou l’inverse. Le PPCM des dénominateurs sert à mettre des fractions au même dénominateur ; le PGCD sert ensuite à simplifier le résultat obtenu. Mélanger les deux mène à un dénominateur commun correct mais à une simplification finale ratée, ou l’inverse.
Questions fréquentes
L’identité PGCD × PPCM = a × b fonctionne-t-elle pour trois nombres ou plus ? Non. Elle est vraie uniquement pour exactement deux entiers, comme le montre l’exemple 6 × 36 = 12 × 18 = 216 plus haut. Pour trois nombres comme 36, 60 et 84, il n’existe pas de raccourci équivalent : il faut calculer le PGCD (ou le PPCM) deux nombres à la fois, comme détaillé dans la section sur les trois nombres.
Quelle est la méthode la plus rapide pour trouver le PGCD de deux grands nombres à la main ? L’algorithme d’Euclide. Il évite de lister tous les diviseurs des deux nombres, ce qui devient vite long pour des grands entiers, et se limite à quelques divisions successives. Pour 12 et 18, deux lignes de calcul suffisent déjà à obtenir le résultat.
Le PGCD ou le PPCM peuvent-ils être nuls ou négatifs ? Le PGCD et le PPCM sont définis pour des entiers positifs, et un calculateur applique généralement la valeur absolue aux nombres négatifs saisis. Le seul cas particulier est zéro : le PGCD de 0 et d’un nombre est ce nombre, mais le PPCM devient 0 dès qu’une des valeurs est 0.
En quoi cette méthode diffère-t-elle du simple fait de lister les diviseurs ou les multiples communs ? Lister les diviseurs de chaque nombre puis repérer le plus grand commun fonctionne, tout comme lister des multiples pour repérer le plus petit commun. Mais cette approche devient vite impraticable dès que les nombres grandissent. L’algorithme d’Euclide, ou la factorisation en nombres premiers pour plusieurs nombres à la fois, donne le même résultat beaucoup plus vite.